Une histoire de plus de 90 ans
Wharfedale est l'une des plus anciennes marques de haute-fidélité au monde. En 2032, elle fêtera ses 100 ans.

Quand Gilbert Arthur Briggs fonde Wharfedale, en 1932, la haute-fidélité n'existe pas. La stéréo n'existe pas. Le disque microsillon n'existe pas. Pour le passionné de piano et d'opéra qu'était G.A.Briggs, travailler dans le domaine de la reproduction sonore, c'était équiper des salles de cinéma ou fabriquer des postes de radio.
G.A.Briggs fabrique son premier haut-parleur dans la cave de sa maison. A cette époque, il a travaillé 27 ans dans l'industrie textile. La grande crise de 1929 lui fait perdre son emploi. Le textile perd un commercial sans doute appliqué, mais la haute-fidélité britannique va gagner l'un de ses personnages fondateurs.

En 1933, G.A.Briggs participe au concours de la Bradford Radio Society. Il remporte le premier prix, mais également le second, avec deux versions de son haut-parleur.
Puis vient l'effort de guerre. De 1939 à 1945, Wharfedale devient un atelier de fabrication de transformateurs destinés à l'armée. Une petite équipe de 20 personnes va construire 40.000 transfos indispensables aux équipements militaires de cette époque.

1945 voit le retour de Whafedale à la conception d'enceintes. L'une des premières enceintes 2 voies du monde, la Corner Cabinet, est lancée en 1947 à la demande du marché américain, grand consommateur de systèmes de qualité. A cette époque, le son est encore monophonique et les sources sonores sont toujours la radio ou les disques 78t.
En 1948, G.A.Briggs édite son premier livre, The Why and How of Good Reproduction, rapidement suivi d'un second, Sound Reproduction and Others. Ces deux livres restent encore de nos jours des ouvrages de référence. G.A.Briggs écrira 22 livres au cours de sa carrière.

A partir de 1954, G.A.Briggs s'associe à Peter Walker, fondateur de Quad Electronics, dans une série de concerts dénommés Live vs Recorded. Un orchestre joue sur scène, puis l'enregistrement est diffusé sur un système composé d'enceintes Wharfedale et d'amplis Quad. Le but de cet exercice était de démontrer qu'il n'existait aucune différence audible entre la musique vivante et sa reproduction sur le système. Les salles où ont eu lieu ces évènements comptaient parmi les plus prestigieuses : le Royal Festival Hall à Londres et rien moins que le Carnegie Hall à New-York.

En 1958, à l'âge de 67 ans, G.A.Briggs vend Wharfedale à The Rank Organisation, un groupe de production de films et de programmes de télévision qui avait aussi une activité dans l'électronique grand public. Pour autant, G.A.Briggs ne part pas à la retraite. Il reste en poste jusqu'en 1965, année de lancement de la première Linton.

Le début des années 70 voit l'apparition d'une gamme d'enceintes particulièrement connues et appréciées : les 2XP, 3XP et 2XP Super. Elles se sont vendues en grande quantité en France, et la plupart d'entre elles fonctionnent toujours. Si vous en trouvez et si vous avez l'âme d'un collectionneur, elles méritent d'être restaurées.

L'année 1982 voit la sortie de la première version d'une gamme importante, la série Diamond. En Angleterre, la mode est alors aux enceintes de petite taille, très économiques et aux performances sonores quelquefois assez surprenantes. Tous les constructeurs y vont de leur gamme premier prix. Wharfedale conçoit la Diamond, première du nom, à partir d'un woofer maison et d'un tweeter Audax très en vogue à cette époque. De 1982 à nos jours, 14 générations d'enceintes suivront cette première Diamond, aujourd'hui renommée Diamond 1.

Les années 90 sont assez chahutées pour Whafedale. Rank revend ses activité grand public à Verity Group PLC qui possède déjà Quad et Leak, deux marques chères au cœur des audiophiles britanniques. Mais la période est difficile pour le Made in UK et Wharfedale redevient indépendant en 1996, racheté par ses cadres. L'expérience est de courte durée et un an plus tard, Wharfedale est revendu au groupe chinois IAG. La R&D reste en Angleterre, la fabrication des enceintes est délocalisée en Chine. Wharfedale redevient un constructeur rentable. La toute fin des années 90 voit le lancement des étranges enceintes Modus, au tweeter (très) débafflé.

Le nouveau propriétaire, le groupe IAG pour International Audio Group, est dirigé par un passionné de hifi de haut de gamme, Fang Hua, basé à Hong-Kong. Il possède Quad, Audiolab, Wharfedale, Luxman, Castle, Mission et Leak. A l'exception de Luxman, toutes ces marques sont britanniques et auraient probablement disparu sans la passion de Fang Hua pour la hifi anglaise.
Le retour de Wharfedale parmi les marques importantes de la hifi, mais également son arrivée dans le domaine professionnel, ont permis à IAG de recréer en 2023 une unité de production en Angleterre, dans les bâtiments des bureaux d'étude, à Huntingdon, dans le Cambrdgeshire. Cet atelier et les deux enceintes qui y sont fabriquées aujourd'hui sont une grande fierté pour le groupe.

En France, Wharfedale est surtout connu pour sa gamme Heritage, une collection d'enceintes d'apparence Vintage et de technologie d'avant-garde. Toutes ces enceintes, à l'exception peut-être de l'Aston, sont des ré-interprétations d'enceintes ayant déjà existé dans le passé. Mais bien sûr, les technologies et les performances sont on ne peut plus actuelles. Pour autant, ces gammes Vintage ne doivent pas occulter les autres séries au look plus actuel. Elles sont le présent et l'avenir de Wharfedale, et il ne fait aucun doute que G.A.Briggs en aurait été particulièrement fier.